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    Expansion vers le sud : Implications fiscales pour les startups embauchant aux États-Unis

    Arad Andrew Banis8 min de lecture
    Expansion vers le sud : Implications fiscales pour les startups embauchant aux États-Unis

    Prendre de l'expansion aux États-Unis est une étape majeure pour toute startup technologique canadienne. Que vous embauchiez un cadre supérieur des ventes au Texas ou que vous ouvriez un centre d'ingénierie en Californie, traverser la frontière signifie que vous êtes prêt à croître.

    Cependant, dès que vous embauchez votre premier employé basé aux États-Unis, votre architecture financière change du tout au tout.

    Les États-Unis n'ont pas un système d'imposition des sociétés unique et unifié comme le Canada. Au lieu de cela, ils ont un système fédéral superposé à 50 codes fiscaux d'État distincts, dont beaucoup ont leurs propres règles municipales. Si vous ne structurez pas correctement votre expansion américaine, vous risquez de déclencher des obligations fiscales corporatives dévastatrices dans votre pays d'origine.

    Voici le guide de l'Architecte Financier sur les implications fiscales de l'embauche aux États-Unis, et comment croître vers le sud sans marcher sur une mine terrestre.

    La plus grande menace : L'établissement stable (Permanent Establishment)

    Le concept le plus critique en fiscalité transfrontalière est l'établissement stable (ES).

    En vertu de la Convention fiscale entre le Canada et les États-Unis, une société canadienne n'est généralement assujettie à l'impôt fédéral américain sur le revenu que si elle exploite une entreprise aux États-Unis par l'intermédiaire d'un « établissement stable ».

    Un ES est généralement défini comme une installation fixe d'affaires (comme un bureau ou un entrepôt). Cependant, vous pouvez également créer accidentellement un ES par l'intermédiaire de vos employés. Si vous embauchez un cadre des ventes basé aux États-Unis qui a le pouvoir de négocier et de signer des contrats au nom de votre entreprise canadienne, l'IRS peut considérer cet employé comme un « agent dépendant ». Cela peut même se produire avec des employés ou des sous-traitants canadiens qui passent plus de la moitié de l'année aux États-Unis, par exemple pour le personnel de vente ou lors de l'installation de biens physiques chez vos clients.

    Si l'IRS détermine que vous avez un ES, votre société canadienne doit produire des déclarations de revenus fédérales américaines et payer des impôts américains sur les bénéfices générés par cette activité aux États-Unis.

    • Le plan d'action : Lorsque vous embauchez du personnel de vente américain directement sous votre entité canadienne, leurs contrats doivent indiquer clairement qu'ils n'ont pas le pouvoir de conclure des contrats. Toutes les signatures finales doivent avoir lieu au Canada.

    Au niveau de l'État : Le « Nexus » est partout

    Lien de rattachement pour le travail à distance

    Même si vous réussissez à éviter un ES fédéral, vous n'êtes pas à l'abri des États.

    Les États américains ne sont pas tenus de respecter la Convention fiscale entre le Canada et les États-Unis. Au lieu de cela, ils utilisent un concept appelé Nexus (un lien physique ou économique suffisant) pour déterminer si vous leur devez des impôts. Certains États, comme la Californie ou l'État de Washington, ont des seuils de nexus particulièrement bas, qui peuvent être atteints simplement en dépassant un certain montant de ventes au sein de l'État.

    Le simple fait d'avoir un seul employé à distance travaillant sur son ordinateur portable en Californie ou à New York est souvent suffisant pour établir un nexus physique. Une fois le nexus établi, votre entreprise canadienne peut être redevable de :

    1. L'impôt sur le revenu des sociétés de l'État : Basé sur les revenus générés dans cet État.
    2. Taxe de franchise ou sur les recettes brutes : Une taxe justifiant le simple fait de faire des affaires là-bas (par exemple, la Texas Franchise Tax).
    3. Perception de la taxe de vente : Vous pourriez être tenu de vous inscrire, de percevoir et de remettre la taxe de vente de l'État sur tous les abonnements logiciels vendus à des clients dans cet État.

    Solution 1 : L'employeur de référence (Employer of Record - EOR)

    Pour les startups en démarrage qui effectuent leurs 1 à 3 premières embauches aux États-Unis, la création de filiales étrangères et la production de déclarations de revenus d'État sont des processus extrêmement coûteux.

    La solution moderne est un Employeur de référence (EOR), tel que Deel, Rippling ou Remote.

    • Comment ça fonctionne : L'EOR agit en tant qu'employeur légal de votre personnel américain. Il gère le réseau complexe des charges sociales américaines, des formulaires W-2, des avantages sociaux (soins de santé) et de la conformité du travail au niveau de l'État. Votre entreprise canadienne paie simplement à l'EOR une facture B2B mensuelle pour ses services.
    • L'avantage fiscal : Étant donné que les employés travaillent légalement pour l'EOR, cela réduit considérablement (bien que cela n'élimine pas entièrement) votre risque d'établir un nexus corporatif dans cet État.

    Solution 2 : La filiale américaine (Delaware C-Corp)

    Dès que vos effectifs américains dépassent 3 à 5 employés, ou si vous vous préparez à lever des capitaux auprès de sociétés de capital-risque (VC) américaines, le recours à un EOR devient inefficace. Il est temps d'architecturer une filiale américaine en bonne et due forme.

    Pour les startups technologiques canadiennes, cela signifie presque toujours l'incorporation d'une C-Corp au Delaware détenue à 100 % par votre société mère canadienne.

    • La structure : La C-Corp du Delaware agit en tant qu'employeur de votre personnel américain. Elle produit ses propres déclarations de revenus fédérales et étatiques américaines, protégeant complètement votre société mère canadienne d'un examen direct de l'IRS.
    • Le piège des prix de transfert : Vous ne pouvez pas simplement déplacer de l'argent librement entre votre société mère canadienne et votre filiale américaine. Parce qu'il s'agit de « parties liées », toute transaction entre elles (par exemple, la filiale américaine fournissant des services de vente à la société mère canadienne) doit être documentée et facturée à la juste valeur marchande (sans lien de dépendance). C'est ce qu'on appelle les prix de transfert, et le fait de ne pas les documenter correctement peut entraîner des pénalités massives de la part de l'ARC et de l'IRS.

    Analyses de la filiale américaine

    Naviguer dans le formulaire W-8BEN-E et les retenues à la source américaines

    Même si vous n'embauchez pas d'employés américains, si vous vendez des logiciels à des clients entreprises américains, leurs départements financiers finiront par vous demander un formulaire W-8BEN-E avant de payer votre facture.

    Les États-Unis exigent que les entreprises retiennent 30 % des paiements effectués à des entités étrangères. Le W-8BEN-E est votre déclaration officielle à l'IRS attestant que vous êtes une entité canadienne protégée par la convention fiscale, ce qui permet à votre client américain de vous payer 100 % de votre facture sans retenir la taxe de 30 %.

    Remplir ce formulaire de manière incorrecte peut entraîner le blocage de vos liquidités au sud de la frontière.

    Bâtissez l'architecture avant d'embaucher

    L'expansion transfrontalière est excitante, mais la conformité réactive est incroyablement coûteuse.

    Si votre startup prévoit d'embaucher aux États-Unis, votre architecture financière doit être conçue de manière proactive. De la décision entre un EOR et une C-Corp au Delaware à la gestion des accords de prix de transfert, la structure est primordiale.

    Chez Banis CPA, notre Mode Architecture veille à ce que les scaleups canadiennes bâtissent les systèmes financiers requis pour croître à l'international sans déclencher de coûteux audits fiscaux.

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